Protéger les milieux naturels

De nombreux jardins botaniques et arboretums abritent des petits coins de nature riches en plantes sauvages. Les milieux naturels sont les sites de prédilection des chercheurs des jardins botaniques puisqu’ils peuvent y étudier quantité d’espèces végétales dans leurs conditions naturelles. Les plantes changent selon l’endroit où elles poussent. La même variété qui orne votre jardin peut avoir une tout autre allure dans la nature. En étudiant les plantes à l’état sauvage, les botanistes peuvent mieux en comprendre l’écologie.

Au Canada, plusieurs plantes sont en péril parce que leur habitat est menacé. À mesure que la société humaine s’accroît et se développe, on défriche de nouvelles terres pour l’agriculture, la construction domiciliaire et les autres utilisations. En protégeant des spécimens de milieux naturels dans les jardins botaniques, nous contribuons à sauvegarder l’avenir de certaines plantes rares.
On défriche de nouvelles terres la construction
Aider les plantes à l’état sauvage

Les jardins botaniques sont des centres de recherche. Les botanistes étudient souvent des plantes qui poussent bien loin de leur laboratoire. Ce sont bien souvent les botanistes des jardins botaniques et des autres centres de recherche qui sont les premiers à découvrir une plante rare ou à apprendre qu’une espèce est en voie d’extinction.

Quand une plante devient rare au point que sa survie à l’état sauvage est compromise, les biologistes étudient la situation pour prévenir l’extinction. Des groupes d’écologistes, de naturalistes et d’autres scientifiques conjuguent leurs efforts pour former ce que nous appelons des équipes de rétablissement d’espèces en péril. Certains botanistes de ces équipes travaillent également dans des jardins botaniques.

Les jardins botaniques se spécialisent dans la culture de plantes, et surtout de plantes ornementales que les gens apprécient dans leurs propres jardins. Cependant, plusieurs jardins botaniques élèvent plutôt des plantes sauvages. Élevées en pépinière, ces espèces peuvent ensuite être transplantées dans la nature et servir à coloniser des terres naturelles. On peut ainsi préserver des milieux complets avec les animaux et les plantes qui les composent.

Énormément de gens apprennent à jardiner en fréquentant les jardins botaniques. Certains établissements proposent même des cours où l’on enseigne à composer un jardin de plantes indigènes ou de plantes susceptibles d’attirer de petits animaux en créant un habitat propice. Les jardins botaniques contribuent également à protéger les milieux naturels en aidant les gens à choisir des espèces qui n’auront pas tendance à envahir les espaces sauvages.
Conserver les graines pour protéger les plantes

Les jardins botaniques concourent également à protéger les espèces rares par l’intermédiaire de leurs banques de semences. Les graines, qui survivent à des conditions extrêmes, en l’hiver par exemple, permettent aux espèces de s’étendre très loin et sur de vastes territoires. Dans la nature, certaines peuvent voyager sur des centaines de kilomètres ou attendre des années avant de germer.

Certains jardins botaniques collectent des graines d’espèces rares et les stockent, à titre de précaution, dans des banques de semences. Ces banques comprennent des aires de préparation et des aires de stockage, dans lesquelles le maintien de conditions constantes d’humidité, de température et d’éclairage assure la parfaite conservation des graines. Ces banques peuvent aussi comporter des aires de culture où l’on cultive les espèces afin de produire de nouvelles semences, qui sont entreposées chaque année. Les banques représentent un des moyens de protéger certaines variétés de plantes. Les semences qui y sont conservées peuvent également servir à la recherche sur la survie des graines elles-mêmes. On peut ainsi savoir quelles plantes ont des graines capables de survivre très longtemps et quelles autres, au contraire, sont dotées de graines plus éphémères.
Étudier les plantes pour mieux les protéger

Cela peut sembler incroyable, mais les scientifiques ne connaissent même pas les noms de tous les types de plantes qui poussent à l’état sauvage au Canada. Nous savons qu’il existe plus de 4000 espèces de plantes sauvages au pays, mais des dizaines voire des centaines d’autres n’ont encore même pas été nommées.

Un vaste pays comme le Canada recèle de nombreux types d’habitats, chacun possédant ses propres communautés végétales. Quand un scientifique étudie une plante, il commence par se demander si elle a un nom. S’il s’agit d’une espèce nouvelle, un scientifique appelé taxinomiste, lui donnera un nom et établira la liste de ses caractéristiques, ce qui permettra de la reconnaître à l’avenir. Après avoir nommé la plante, on s’attache à comprendre ce qu’elle fait dans la nature.

Pour savoir comment protéger une plante, le botaniste doit découvrir ce qui la menace. On doit procéder à différents types de recherche scientifique pour comprendre pourquoi une plante se raréfie. Parfois, le botaniste se penchera sur une plante en particulier et étudiera son cycle de vie. Certains chercheurs peuvent tenter de comprendre comment les plantes dispersent leurs graines ou comment le pollen se propage de fleur en fleur. Si l’on ignore pourquoi une plante est rare, il sera impossible de mettre au point une bonne stratégie de préservation à long terme.